14 mars
Tsuwano
Je remarque que toute les villes touristiques ont une gare. Ici elle est déjà un monument moderne et discret. Toute la ville est en longueur entre la voie ferrée et la rivière.
L’attraction principale doit être le temple qui est sur les hauteurs, on y accède en voiture d’un côté ou à pied de l’autre par une allée de Tori, ces portiques rouges bien japonais. On a vu sur la ville. Le temple est vraiment en activité, il est très décoré à l’intérieur. Les petits temples de campagne sont vides, je me demandais si c’était le rite local, car les bouddhistes chinois ont des temples 100 fois plus décorés.
La ville a ses petits hôtels luxueux en mode traditionnel. Ses petits restos, certains très chics vu le prix. Attention il n’y a quasiment pas de restaurants présentés comme l’on connaît en France ou ailleurs, une salle, des tables, la cuisine cachée. Ici, 90% des établissements sont minuscules avec une partie de la cuisine derrière le comptoir, des places contre le comptoir en général pour les solitaires et des petites tables, parfois un coin tatamis et tables basses. On les appelle des izakaya. Ils ne sont pas évident à trouver en ville car les cartes ne sont pas toujours dehors le soir. On ne peut jamais voir l’intérieur. Ce fut souvent compliqué. Merci Maps.
Il y a deux rues, dont pas mal de boutiques de souvenirs, de pâtisseries traditionnelles luxueuses (pas de gâteaux comme chez nous).
J’y ai vu ma première église japonaise. Les vitraux et le soleil faisaient bon effet sur les… tatamis.
L’eau de la montagne circule dans la ville, notamment par des petits canaux qui devaient servir d’évacuation. Aujourd’hui on y trouve des énormes Koï (carpes), nourries par les touristes.
Le vrai point d’intérêt pour moi fut le musée municipal – avec l’exposition d’un peintre moderne réalisant de la peinture de sujets médiévaux incroyables.
Hagi
J’arrive dans la ville de Hagi que l’on m’a conseillé, et deja réservé dans un BNB.
Super ! La maison est traditionnelle, panneaux coulissants et tatamis. Glaciale mais on peut chauffer chaque pièce. Gestion de l’arrivée par la grand mère et le gendre qui parlent mal anglais, c’est pittoresque.
Dans le salon, un autre hôte me rejoins vite : un retraité écossais qui va rester quelques mois. On discute longuement toute la soirée. Il me parle de cette petite ville très agréable, au bord de la mer, il y a ses petites activités. Il me dit qu’il y a beaucoup de poteries, j’enchaîne sur le fait que j’aimerais pratiquer ici. Il entre en contact avec la propriétaire, qui, elle, parle bien anglais. Le lundi elle me donne deux contacts à aller voir, et j’ai réussi à m’arranger. Top.
Je vais rester 4 nuits au total car c’est vrai que c’est la première ville qui me paraît un peu plus vivante, taille correcte mais petite pour le pays. Le bord de mer et les rivières, entrée de mer ferait penser à un petit Sète.
Difficulté pour trouver un restaurant le soir, encore. Au pied d’un hôtel, juste un logo et une odeur de cuisine, je m’avance dans les couloirs. Ça a l’air assez cadré pour que ce soit une chaîne. Spécialité : les salons pour manger par 4 ou par 6. Pour les solo : comme des cabines individuelles contre un comptoir fermé par un rideau, pas terrible.
15 mars
Première journée avec un vrai soleil, ça remonte le moral. Pour un dimanche, c’est plutôt calme, il faudra voir le mardi suivant pour vraiment une agitation générale. Visite des monuments du quartier. Dégustation d’une orange tombée d’un arbre, trop amere, plus proche du pamplemousse.
Je fais le tour des magasins de potier. Premiere tentative avec un atelier, ils font des initiations mais pas plus, ce sera difficile à comprendre avec l’application de traduction, abandon.
Perdue dernière un temple, une boulangerie, allons voir. Trop japonais. Mais je prends des rusks. Des petits croûtons de brioche sucrés poêlés dans le beurre : ça m’a rappelé les croûtons frits que ma mère nous faisait pour faire passer les lentilles. On a échangé les adresses de délices avec Paul l’écossais.
16 mars
Lundi, la propriétaire est revenue et a pris des contacts avec des potiers, elle travaille dans le tourisme. Elle m’envoie des rendez vous. Le top.
Premier contact compliqué. La vendeuse est au courant mais me fais tout le speech. Ça tourne en rond comme hier à me réciter le blabla sur la céramique pour les clients, j’ai failli abandonner. C’est en montrant ma production sur le smartphone qu’elle a compris. Le studio d’initiation sera dispo demain avec de la terre, en ‘location’.
Le second rendez vous dans un atelier un peu en bazar, est nettement plus expéditif. Avec un peu d’anglais et le geste de tourner la céramique avec les deux doigts : j’ai pus attaquer directement. J’ai fabriqué des bols pour me remettre en main, ça a aussitôt fonctionné. J’ai fais 6 grands bols, et pendant ce temps il a fait soixante petits bols de riz…
J’avais un 3e contact mais je n’avais pas le temps du coup.
Passage au onsen du coin avec vue mer.
17 mars
Journée tournage, ma partie préférée, avec leur terre à Hagi Yagi, la poterie spéciale de la ville avec 2 ou 3 couleurs typiques pour de l’utilitaire culinaire type bols de riz (petit au Japon), tasse à thé, avec des couleurs claires et parfois des tâches blanches, finissions rustiques.
C’est la première fois que je fais une journée entière de tournage. J’ai eu quelques ratés mais la production m’a paru à peu près efficace dans mes capacités actuelles. Il faudrait moins s’attarder sur certaines parties.
Ne pouvant pas aller au bout du processus, je ne garde que 4 pièces et de découpe le reste en tranches pour inspecter les épaisseurs. Le patron et l’employé qui parle anglais sont venus voir à la fin, j’aurais dû leur montrer le travail total. J’ai l’impression que pour le prix payé, ils me faisaient eux même la suite du processus jusqu’aux cuissons. Mais c’est moi ‘l’artiste’ , donc je ferais tout une prochaine fois sur 2 mois.
Le patron m’a fait une démonstration de leur tour à pied qu’ils utilisent tout les jours. Le tour a moteur ne sert que pour les grandes pièces. J’avais essayé juste avant, mais il faut 3 mois de stage…
Cette étape m’a beaucoup plu, aussi grâce à la rencontre de l’autre voyageur avec qui j’ai pu discuter (lui aussi il en avait besoin) et par l’aide aussi fournie pour me trouver des potiers.










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