Archipel de Wakatobi

Ile de Wangiwangi

Soirée du 17 décembre 2025

Si le départ fut mouvementé, le trajet fut éprouvant. Longue attente sur le pont car le taxi m’a déposé bien 3h avant le départ. Le bateau est bien équipé pour la nuit : un énorme dortoir de lits superposés couvre tout un étage, pour moi c’est la chaleur qui ne va pas convenir malgré la clim et le courant d’air que l’on imagine. Sur les étages il y a des micros cabines + clim dont le taxi ne m’a pas parlé.

Départ 20h, j’ai le temps de faire des photos du port, du superbe coucher de soleil etc … Une mamie vend à manger à la sauvette dans son panier. La traversée commence par sortir de la baie fermée comme un long canal, on peut y voir quelques très belles maisons joliment éclairées.

Je fais 10 fois le tour du bateau, tente d’écouter un podcast au oreillettes. Je me dis que les cabines étaient certainement abordables vu le petit prix pour les couchettes. Je me serais bien infiltré. Sur le pont arrière il y un espèce de bar, il fait surtout office de karaoké, musique à fond jusqu’à pas d’heures…

Je dors un peu avec tout le monde, on n’est pas serrés mais je n’en peux plus. Faire comme certains qui ont pris un matelas pour dormir à l’air libre sur le pont avant. Éviter les fumeurs qui ne savent plus s’arrêter. Finalement, malgré la mauvaise conscience de laisser mon sac à dos seul (j’ai papiers et argent sous ma chemise), je dors presque aussi bien qu’à l’hôtel ! Pas entendu l’escale, et comme on arrive très tôt, il ne faudrait pas rater la destination.


Une fois au port, je laisse un message aux collègues de la mission Xavier et Damien qui sont par là depuis plusieurs jours, top ils me récupèrent aussitôt avec leur taxi et guide. Direction sortie bateau pour faire du snorkeling, mais je suis un peu contrarié car il y a des célébrations officielles dans le village, et j’étais curieux de voir comment cela se passe.

Mise en bouche avant la plongée, c’est déjà très chouette, sauf la sortie dans les algues flottantes parsemées de déchets… Ils ont réservé un hôtel normalement chic vu le prix mais en fait il est maintenant bien vintage, je me paie aussi la grande chambre toute en bois, grand lit et SDB qualité locale et pas à la hauteur, mais ça fonctionne. On est isolé et c’est le calme total. J’y passe deux ou 3 nuits. Départ tôt pour une autre île recommandée.

Tomia

20 décembre 2025.

Toujours peur de louper le bateau, car on dépend aussi du taxi depuis l’hôtel, mais ça se passe toujours bien. Trouver les informations (horaires, lieux…) n’est pas évident non plus, mais tout le monde sait ici.

Là on est sur un petit bateau rapide pendant 3h. J’ai le contact d’un hôtel qui doit venir me chercher. Ça fonctionne bien. L’hôtel Laprasmi paraît tout neuf, tout propre, ne manque que la vue, des extérieurs pour touristes. On n’est pas loin de l’eau, d’un port, d’un stade bordé de petits street food ouverts le soir. Je le prends en mode repos et aussi en mode travail, c’est à dire la rédaction de ce blog…

Les autres clients sont un couple de jeunes voyageurs français qui adorent Sulawasi et y reviennent régulièrement ! Me donnent quelques bons plans. Si, le premier gros travail est de brancher l’appli Wise appréciée ici pour les paiements, nécessaire pour moi car je ne suis pas sûr d’avoir assez de cash, un sacré bazard car les SMS de validation ne marchent pas, ou sont trop lents etc. Toute une journée pour ça.

L’hôtelier me prête gentiment un scooter, du coup je vais voir un autre village qui a son marché, pour tenter avec une carte SIM locale d’avoir des SMS (pas bon).

Je ferai plusieurs fois le tour de l’île (1h). Étonnamment les routes sont pas larges mais très correctes, très peu de voitures, que des scooters, et encore aucun piéton, quelques rares vélos d’enfant. On m’a demandé deux fois pourquoi je n’utilise pas le scooter pour faire les 10min de marche qui vont au port …

Qualité principale de l’île : les fonds marins. Constituée de karst et de corail, on est entouré de coraux qui n’ont pas subi la pêche à la dynamite. Plongée confortable, super réussie et un spectacle fabuleux. J’ai demandé que l’on aille sur des sites recommandés par un Hollandais qui tient un hôtel et effectivement ça valait bien le déplacement. Le club a fait des photos qu’il nous a envoyées, top – surtout de la macro que je suis incapable de voir sous l’eau sans lunettes. Je retiens : des coraux tubulaires qui ont l’air faits de vieilles peluches jaunes ou bleu/vertes. Sur le site Roma, des coraux plats, géants et enroulés en spirales/des amas de pelures de pommes.

Proche de l’hôtel, un restaurant pour locaux, qui ne ressemble pas à grand chose, et tenu pour une fois par un homme. Ce cuisinier prépare pour vous, et j’ai vu son plaisir de cuisiner.

Bref cette petite île est bien agréable. Un bon orage par jour et voilà. Les gens vous sourient, tous les enfants disent « hello mister ».

24 décembre. J’ai repéré un hôtel top tout proche, il est complet, je ne pourrai pas déménager. Je demande s’il est possible d’y manger le 24 au soir. J’y retrouve 3 couples (Californiens retraités, 2 Allemands un peu baba, un couple tchèques) et c’est assez sympa, ils sont tous amoureux de Sulawasi et y reviennent régulièrement..


Et voici une bonne semaine de passée. Départ très tôt pour revenir sur l’île précédente et y prendre potentiellement l’avion pour Kendari.

Direct du port à l’aéroport, internet dit qu’il reste des places. Il est encore très tôt, bonne attente, puis pareil pour l’achat du billet. Mais ça marche !!!! 12h30 à Kendari!

Tout ce détour pour récupérer mon appareil photo perdu sur le camp de la forêt. Il est un peu beaucoup foutu car il a pris l’eau (il était déjà fatigué, pas de remords, seulement pour ce détour).

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Kendari

Journée de transition, l’association s’occupe de nous pour aller manger et faire un tour de ville. Grande lessive à la blanchisserie, mais notre chauffeur reporte chaque fois le moment d’aller récupérer le linge, jusqu’à arriver trop tard, et de me rendre que le restaurant était situé juste à côté… Donc ce fut la course le lendemain matin pour faire un détour.

Le chauffeur est en fait un peu guide en second travail, il fait une apparition à son bureau et nous présente à ses collègues avec tout le tralala (café, thé, photo…).

Détour par la case massage, les copains sont tous d’accord. Ne pas toucher mes pieds, à part ça c’est super. La douche chaude à la fin fut toute aussi réconfortante.

Le groupe se séparera : une partie ira sur les îles Sombori au Nord, j’irai rejoindre deux compères sur les îles Wakatobi au Sud.

Je dois prendre le bateau le lendemain normalement à 8h, mais il sera finalement à 20h. Donc j’accompagne mes collègues à leur petit bateau pour Sombori.

Dans la matinée il y a aussi la mission de trouver une machette artisanale pour Maxence. On y a passé une partie de l’après-midi hier en tournant autour d’une adresse. En fait il s’en vend sur le marché proche du port.

Le chauffeur me dépose à son café préféré, rdv le soir à 17h. Grand tour de ville. Je fais un tour au McDo, finalement j’y passe le début d’après midi au frais et au sec pendant l’orage (sieste etc…). Pour info le menu Big Mac est à 2.69eur plus 0,40eur pour coca et frite moyenne, pour info c’est deux fois le prix d’un plat classique dans un resto, ou égal à un plat cher.

Je teste un café bobo moderne, il est vraiment top au niveau architecture (comme celui d’en face), leur cocktail vert est au top (me rappelle le standard de Colombie : menthe basilic). Une autre adresse de prestige est en construction avec une terrasse jardin à l’étage (si je gagne au loto ou alors je m’installe ici). Le verre de mocktail est à 30000roup soit 1,5eur pour nous, mais le prix d’un plat classique au restaurant.

https://maps.app.goo.gl/B13ykQ2gQ2wkzYBVA

https://maps.app.goo.gl/B13ykQ2gQ2wkzYBVA

J’ai l’impression d’être le seul piéton et le chauffeur a l’air d’avoir trouvé ça bizarre. Le scooter individuel est la norme partout – il n’y a pas de transport en commun dans la ville sauf pour les écoliers, et les taxis seulement sur commande (il y a une appli type Uber mais pas accessible au étrangers)

La ville est plutôt propre et un niveau bien au dessus de Madagascar. Beaucoup de street food regroupés par rue et par quartier. Quelques gros magasins de bricolage\construction. Rares pâtisseries mais aucune recette de chez nous.

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Sortie de la forêt

Au total je compte 4 jours aller (3 de marche, 1 repos), 8 jours dans la forêt, retour en 2j.

Vue l’expérience aller, je pensais bien faire le retour en 3j mais avec certains arguments il a fallu le faire en 2 avec une forte appréhension. Au final en partant tôt le matin, je vais y parvenir sans encombres, sauf la dernière heure où les mycoses des pieds se réveillent bien. Pour m’encourager, je n’aurai pas mon gros sac à dos, ça change tout.

En passant devant l’étang, j’y ai fait une petite pause en espérant voir le python, et c’est là que je l’ai vu traverser dans l’eau au loin…

J’ai marché seul et c’est vraiment agréable aussi. J’ai pu bien m’énerver sur le passage de pure boue mais à part ça nous avons eu une super météo, surtout du soleil le matin. Sur les deux camps intermédiaires, nous sommes au bord de la rivière, donc c’est là qu’il y a le plus de dénivelé : descente puis montée. Sur la seconde étape, démarrage sur la plus grande montée, je suis parti en me sentant ultra léger (petit sac à dos + café + vitamine C+ Doliprane), c’est passé tout seul…

En étant seul on est plus attentif, et les animaux ne nous entendent pas, et c’est là que l’on en voit le plus. J’ai eu droit à de gros oiseaux, et à des singes macaques, ça fait plaisir. Si la météo a été clémente, la pluie nous a pris au début de la dernière après midi, sur les hauteurs dégagées cela a permis de voir les montagnes dans leur brume. J’ai tout de même pris le temps de faire des photos.

Dernière ligne droite, les copains nous attendent à un cabanon, on a l’impression d’arriver. Mais en fait ça descend doucement mais surtout ça n’en finit plus. Dernier bout de route avec Maxence. Il ne fallait pas une heure de plus pour la plante des pieds.

Une voiture nous attend au début de la route, on enchaîne aussitôt pour le retour au village de Sambori car la pluie menace. Moment de flottement car on attend encore les porteurs pour nos sacs et du matériel.

On reçoit le tout le lendemain matin, on enchaîne avec la route pour Kendari. On est au large dans les voitures, je mets les pieds nus en l’air tout le long du trajet car je ne peux plus marcher. J’ai acheté des tongs alors que ne n’aime pas ça du tout…je marche sur des oeufs…

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La science

Le matériel scientifique est arrivé, ce sont des caméras automatiques, des enregistreurs de son, des capteurs pour l’eau. Du matériel d’escalade etc…

Les étudiants s’attellent à leurs prospections. Pour ma part je fais quelques enregistrement sonores avec mon magnéto ou avec celui de l’expédition, les riches bruits de la forêt varient beaucoup d’un endroit à l’autre et en fonction des horaires. C’est comme ça que j’ai fait la rencontre incongrue d’un écureuil, le même que chez nous.

J’ai aidé à installer un piège mur pour faire tomber de petits animaux dans des boîtes au ras du sol. On en a profité pour explorer les environs en ce début de nuit. On a trouvé un serpent volant juvénile (il s’ouvre pour planer en sautant d’arbre en arbre). Mais le retour fut compliqué car on a perdu notre chemin en pleine nuit bien que l’on soit proche du camp – heureusement j’ai reconnu le bruit de la rivière proche que nous avons suivie.

Un spécialiste des chauves souris a étendu des filets pour les capturer et les mesurer sous tous les angles. Cela nous a permis de les voir de près, de réaliser l’étendue de la diversité dans ce domaine… des moches, des mignonnes…

Les passionnés d’insectes ont fait de superbes photos en macro, c’est toujours très flatteur avec du bon matériel. Ils ont également pris des captures pour les mettre dans l’alcool et les étudier ultérieurement. Ça fais plaisir de les voir s’éclater.

Un étang à 1 ou 2 km du camp, en bord de savane accueille une autre faune. J’y suis allé avec les collègues, pour ma part je devais y vérifier un enregistreur sonore. J’ai pu écouter une partie et c’était vraiment extraordinaire : la richesse au lever du jour et la qualité du matériel – ça donne envie d’investir dans cette machine…

Mes collègues sont facilement tombés sur un énorme python, quelques jours plus tard un autre a failli marcher dessus : on a les photos. J’ai simplement pris la vidéo de lui qui traverse l’étang, on peut voir sa tête au dessus de l’eau avancer

A voir aussi, les champignons. Les plus faciles à voir sont sur les troncs d’arbres morts. Là aussi, le design fait plaisir : des formes et des couleurs inconnues chez nous. Il paraît que les guides en ont ramené des comestibles.

Le décor Karstique est constitué de beaucoup de grottes, servant des sépulture à une autre époque, il trouveront des peintures rupestres, surtout des mains en négatif. Un des buts sera aussi d’identifier des cours d’eau qui disparaissent et réapparaissent plus loin. On va en rechercher un avec un total de 6h de marche a/r, c’est effectivement spectaculaire, avec le décor qui va avec. Sur indication d’un vieux guide, ils vont identifier plusieurs résurgences et faire des injections de fluorescéine pour identifier les circuits souterrains. Là ce sera beaucoup de marche mais pas pour moi, l’organisateur explorateur est très déterminé sur ce sujet ! Et il va y arriver effectivement.

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